L'IA pour tous : ce que la stratégie nationale d'IA du Canada signifie pour vous.
En juin 2026, le Canada a lancé AI for All, sa stratégie nationale en IA. Derrière les chiffres marquants se cache un message clair pour les organisations : la priorité est désormais l'adoption, les compétences et la confiance.
En quoi cela consiste.
Lancée le 4 juin 2026 par le premier ministre Mark Carney et pilotée par le ministre de l'Intelligence artificielle et de l'Innovation numérique, AI for All est la stratégie nationale quinquennale du Canada en matière d'IA. Elle fixe des cibles ambitieuses : faire passer la part des entreprises qui utilisent l'IA d'environ 12 pour cent à 60 pour cent d'ici 2034, dégager quelque 200 milliards de dollars de croissance économique, et créer 250 000 emplois liés à l'IA. Elle organise le travail autour de quelques priorités : accélérer l'adoption, accroître la littératie en IA, faire croître les entreprises canadiennes d'IA, renforcer les partenariats internationaux, bâtir une capacité souveraine, et gérer les risques de l'IA. Elle s'appuie sur l'une des plus vastes consultations publiques de l'histoire du pays, avec plus de 11 000 mémoires et un groupe d'experts de 28 membres à la fin de 2025.
Les six piliers, en clair.
La stratégie repose sur six piliers, regroupés sous trois idées : la confiance, les perspectives et la souveraineté. Protéger les Canadiens et sauvegarder la démocratie englobe la réforme de la vie privée, des règles sur la sécurité en ligne et les hypertrucages, et une capacité fédérale de sécurité de l'IA renforcée. Outiller les Canadiens met l'accent sur la littératie et les compétences en IA, dont de la formation gratuite et du soutien aux étudiants et au personnel enseignant. Stimuler l'adoption pour une prospérité partagée est le volet de la demande, visant directement les petites et moyennes entreprises et la fonction publique. Bâtir une assise canadienne souveraine en IA investit dans le calcul, les données et les talents pour que l'IA soit développée et gouvernée selon des règles canadiennes. Faire croître les champions canadiens soutient les entreprises d'ici par du capital, de l'aide à la commercialisation et les marchés publics. Enfin, bâtir des partenariats de confiance harmonise les normes et coinvestit avec des alliés à l'étranger.
De nouveaux fonds, et un acheteur public plus présent.
Pour la plupart des organisations, la stratégie est aussi un ensemble de programmes concrets. L'adoption est appuyée par un nouveau financement et un soutien à la commercialisation visant les plus petites entreprises, dont un programme de financement de 500 millions de dollars par l'intermédiaire de la Banque de développement du Canada, un accès moins coûteux au calcul public grâce à un Fonds d'accès au calcul élargi, et des investissements de type mission dans des secteurs prioritaires comme la santé, l'énergie, l'agriculture et la fabrication. Tout aussi important pour quiconque vend au gouvernement, le plan fait de la fonction publique un client d'ancrage et réforme sa façon d'acheter l'IA, en relevant les exigences d'infrastructure canadienne, de sécurité et de transparence dans les marchés publics. Si vous êtes fournisseur ou organisme public, ce sont ces changements de financement et d'approvisionnement qu'il faut suivre de près.
Le vrai thème, c'est l'adoption.
Les chiffres phares désignent un seul écart. Le Canada possède des talents de recherche de calibre mondial, mais figure parmi les pays du G7 les plus lents à adopter l'IA à grande échelle, et la stratégie le dit franchement. C'est pourquoi une grande partie du plan porte sur l'usage plutôt que sur l'invention : des programmes de compétences et de littératie, un soutien à l'adoption visant surtout les petites et moyennes entreprises, et un accès moins coûteux à la puissance de calcul pour que les entreprises canadiennes ne soient pas écartées par les prix. Pour la plupart des organisations, le message n'est pas d'attendre que la technologie mûrisse; c'est que le pays pousse désormais activement pour réduire la distance entre disposer de l'IA et la mettre réellement au travail.
Une gouvernance par plusieurs lois, pas une seule.
Plutôt que de ressusciter la LIAD, le projet de loi général mort avec C-27 en janvier 2025, le gouvernement annonce une approche progressive et ciblée. Attendez-vous à ce que la gouvernance arrive sous forme d'une série de mesures plus étroites, modernisation de la vie privée, dispositions sur la sécurité en ligne et les hypertrucages, une certification d'IA de confiance proposée, et une capacité fédérale de sécurité de l'IA renforcée, plutôt qu'une seule loi d'ensemble. Concrètement, les règles vont continuer de se resserrer par morceaux, et le fait qu'il n'existe pas encore de loi unique sur l'IA n'est pas une raison d'attendre.
Ce que cela signifie pour vous.
Trois conséquences pour la plupart des organisations. D'abord, il y aura davantage de soutien à l'adoption et aux compétences, des fonds, des programmes et un accès au calcul qu'il vaut la peine de connaître et, si vous y êtes admissible, d'utiliser. Ensuite, la souveraineté et le maintien des données au Canada montent dans les priorités, ce qui compte pour le choix de vos outils et fournisseurs. Enfin, les attentes de gouvernance continuent de croître même sans loi unique, de sorte que bâtir des pratiques responsables maintenant est le pari sûr. La stratégie récompense les organisations qui adoptent bien l'IA et bâtissent la capacité de s'en servir, et coûte aux autres, en terrain perdu, de continuer d'attendre.