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Gouvernance de l'IA

Gouvernance de l'IA au Canada : ce qui s'applique vraiment.

Le Canada n'a pas de loi générale sur l'IA en vigueur, mais cela ne signifie pas l'absence de règles. Voici ce qui s'impose aujourd'hui, et comment se gouverner pour la suite.

Il n'y a pas encore de loi unique sur l'IA.

La première tentative canadienne de réglementer l'IA de façon générale, la Loi sur l'intelligence artificielle et les données, accompagnait le projet de loi C-27. Ce projet est mort au feuilleton lors de la prorogation du Parlement en janvier 2025, et la Loi n'a jamais été adoptée. Elle n'a pas été redéposée depuis. Ottawa a indiqué qu'un successeur s'en vient, mais qu'il aura sa propre forme plutôt que d'être l'ancien projet ressuscité, et consulte sur ce que ce cadre devrait couvrir. La réponse honnête à savoir si une loi sur l'IA vous vise n'est donc pas une seule loi, mais plusieurs lois existantes, aux côtés d'instruments contraignants et volontaires qui définissent déjà ce à quoi ressemble une bonne pratique.

Le droit en vigueur atteint déjà votre IA.

L'absence d'une loi sur l'IA n'est pas l'absence de règles. La loi fédérale sur la vie privée, la LPRPDE, appliquée par le Commissariat à la protection de la vie privée, encadre les renseignements personnels qui circulent dans les systèmes d'IA, des données d'entraînement aux inférences et aux résultats; le Commissariat a publié des principes pour une IA générative responsable et respectueuse de la vie privée, et s'est montré prêt à enquêter. Le droit de la personne interdit l'IA qui produit des résultats discriminatoires, que ce soit voulu ou non. La protection du consommateur, le droit de la concurrence et les lois sectorielles s'appliquent à l'IA comme à tout autre outil. Lorsqu'un système décide au sujet d'une personne, les devoirs anciens d'équité, de consentement et de reddition de comptes ne s'interrompent pas parce que la décision a été automatisée.

Si vous êtes une institution fédérale, une règle vous lie déjà.

Les ministères et organismes fédéraux sont régis par la Directive du Conseil du Trésor sur la prise de décisions automatisée, qui est contraignante et non indicative. Tout système qui prend ou appuie une décision administrative au sujet d'une personne doit faire l'objet d'une évaluation de l'incidence algorithmique, un questionnaire normalisé qui attribue un niveau d'incidence au système et fixe des exigences proportionnées de notification, d'intervention humaine, d'explication, de mise à l'essai et de surveillance. La Directive a été mise à jour en juin 2025, sa portée vise désormais l'IA générative, et les systèmes antérieurs à cette mise à jour ont jusqu'en juin 2026 pour s'y conformer. Les évaluations complétées sont publiées sur le portail du gouvernement ouvert : c'est de la transparence assortie d'une trace publique. Si vous offrez ou soutenez des services fédéraux, c'est la norme d'aujourd'hui, pas de demain.

Les provinces et les organismes sectoriels n'attendent pas.

La gouvernance au Canada est à plusieurs niveaux, et certaines des exigences les plus tranchantes se trouvent sous le palier fédéral. La Loi 25 du Québec donne aux personnes le droit d'être informées lorsqu'une décision repose exclusivement sur un traitement automatisé, et de la faire réviser par une personne. L'Ontario a agi sur l'IA du secteur public au moyen du projet de loi 194. Pour les institutions financières sous réglementation fédérale, la ligne directrice E-23 du BSIF sur la gestion du risque de modèle, publiée en septembre 2025 et en vigueur à compter de mai 2027, étend explicitement les attentes en matière de risque de modèle aux modèles d'IA et d'apprentissage automatique. Plusieurs barreaux ont énoncé des attentes contraignantes pour les avocats qui utilisent l'IA générative. Les règles applicables dépendent de l'endroit où vous exercez et de ce que vous faites, et cette carte se densifie plutôt qu'elle ne se simplifie.

Et des règles transfrontières s'appliquent aussi.

La Loi sur l'IA de l'Union européenne vise les organisations canadiennes qui placent de l'IA sur le marché de l'UE ou dont les résultats y sont utilisés, avec des obligations d'interdiction et de haut risque qui entrent en vigueur par étapes en 2026 et 2027. Pour bien des exportateurs, elle fait déjà office de loi de facto sur l'IA, bien avant que le Canada légifère. Si vous servez une clientèle de l'UE, traitez ses niveaux de risque, sa documentation et ses devoirs de supervision humaine comme un plancher et non comme un simple atout.

Ce que les prochaines règles canadiennes exigeront probablement.

Vous n'avez pas à deviner la direction. Les instruments fédéraux de droit souple déjà en place, le Code de conduite volontaire visant l'IA générative avancée, son guide de mise en œuvre de 2025 et les travaux de l'Institut canadien de la sécurité de l'intelligence artificielle, pointent tous dans le même sens, et le résumé, au début de 2026, des consultations sur la stratégie nationale le confirme : attendez-vous à ce que les règles futures portent sur la sécurité et les tests contradictoires, une supervision humaine structurée, la traçabilité tout au long du cycle de vie des modèles, et une responsabilité plus claire lorsque les systèmes causent un préjudice. Rien de tout cela n'est bon marché à ajouter après coup. L'intégrer dès maintenant coûte bien moins cher que de le greffer une fois la règle arrivée.

Se gouverner selon des principes, pas selon un numéro de projet de loi.

Quelle que soit la loi que le Canada finira par adopter, les attentes sont déjà visibles dans chacun des instruments ci-dessus : savoir quelle IA vous avez, la hiérarchiser selon le risque, garder une personne responsable des décisions lourdes de conséquences, et pouvoir démontrer votre démarche. Concrètement, cela suppose un inventaire des systèmes d'IA et de leurs usages, une évaluation d'incidence proportionnée au risque de chaque système, une supervision humaine définie pour tout ce qui touche les droits d'une personne ou son accès à un service, et une documentation des données, des essais et des décisions qui résisterait aux questions d'un organisme de réglementation ou d'un journaliste. Les organisations qui se gouvernent ainsi absorberont la prochaine loi comme une mise à jour, pas comme une urgence. Le statut législatif peut évoluer; vérifiez donc directement l'état actuel de tout projet de loi ou ligne directrice.

Gouverner l'IA en contexte canadien ?

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